les maladies cardiovasculaires / Maladies des artères

Sténose carotidienne

L’artère carotide commune est située au niveau du cou. Au niveau de la pomme d’Adam, elle se divise en artère carotide externe (pour la vascularisation du visage) et en artère carotide interne. Cette dernière participe, avec les artères vertébrales, à la vascularisation des hémisphères cérébraux.

L’artère carotide droite vascularise principalement l’hémisphère droit et la gauche l’hémisphère gauche. Il est important de noter que :

  • le contrôle du bras et de la jambe gauches dépend de l’hémisphère droit et vice-versa ;
  • la vision de l’œil droit dépend de l’hémisphère droit (et vice-versa) ;
  • la parole dépend de l’hémisphère gauche.

La sténose carotidienne est le rétrécissement de l’artère carotide interne. Une occlusion de l’artère carotide externe n’entraîne aucune conséquence vu les nombreuses voies de suppléances possibles.

Sténose carotidienne

En présence de facteurs de risques multiples génétiques et environnementaux (tabac, cholestérol, hypertension, obésité, sédentarité), un dépôt de graisse appelé « plaque d’athérome » peut se développer dans la paroi de l’artère provoquant un rétrécissement.

Les conséquences de ce rétrécissement sont :

  • l’occlusion de l’artère et donc la survenue d’un accident vasculaire cérébral (AVC) à cause de la diminution du débit sanguin cérébral ;
  • la fragmentation de la plaque d’athérome et l’envoi d’un ou plusieurs morceau(x) de celle-ci vers le cerveau causant l’occlusion de vaisseaux sanguins dans le cerveau et la survenue d’un AVC.

Une sténose carotidienne peut être asymptomatique ou symptomatique. Les sténoses asymptomatiques sont décelées de façon fortuite lorsque, dans le cadre d’un bilan vasculaire, le médecin propose un examen de dépistage (le plus souvent par échographie). Dans ce de figure, le patient n’a pas présenté d’AVC dans les mois précédant l’examen.

La sténose sera dite symptomatique en cas de diagnostic d’un AVC en présence d’une plaque d’athérome induisant une sténose de plus de 70% sur l’artère carotide commune ou interne.

Les symptômes les plus fréquents de l’AVC sont :

  • une perte de force et de sensibilité d’un membre supérieur et/ou d’un membre inférieur ;
  • des troubles de la parole ;
  • des troubles visuels (cécité transitoire).

Les symptômes de la sténose carotidienne sont différents s’il s’agit d’une sténose carotidienne droite ou d’une sténose carotidienne gauche.

Une sténose carotidienne droite engendre des symptômes au niveau du bras et de la jambe gauches, au niveau de l’œil droit et au niveau de la parole (faibles troubles).

Une sténose carotidienne gauche engendre des symptômes au niveau du bras et de la jambe droits, au niveau de l’œil gauche et au niveau de la parole (troubles fréquents).

Une échographie suffit le plus souvent à diagnostiquer la maladie. Dans de rares cas, un angioscanner ou une angio-IRM peut être demandé pour obtenir des informations complémentaires sur la pathologie du patient.

On estime actuellement, sur la base de la littérature internationale, qu’un rétrécissement d’environ 75% de l’artère carotide interne constitue une indication de traitement en cas de sténose asymptomatique. Dans le cas d’une sténose symptomatique, ce seuil est ramené à 70%.

Le but du traitement est de procéder à l’ablation de la plaque d’athérome pour empêcher la survenue d’un AVC. Il s’agit donc d’une intervention prophylactique qui ne changera rien à l’état clinique du patient.

L’endartériectomie est le traitement le plus classique. Le chirurgien pratique une incision longitudinale dans le cou pour nettoyer l’artère carotide interne. Il suture ensuite une rustine sur l’artère (patch de péricarde bovin).
Cette intervention est pratiquée sous anesthésie générale et nécessite une hospitalisation d’environ 4 jours.

Il existe également une technique moins invasive : la pose d’un stent par ponction de l’artère fémorale au pli de l’aine. Cette intervention ne nécessite pas d’incision et est pratiquée sous anesthésie locale. Elle n’est pas remboursée par la sécurité sociale belge et il semble que les AVC induits par cette technique soient plus fréquents, surtout chez les patients âgés. C’est pourquoi nous ne la proposons pas en routine clinique aux Cliniques Universitaires Saint Luc.

Si un traitement a été proposé au patient, le médecin a probablement estimé que le risque de faire un AVC sans intervention était plus important (<5% par an pour une sténose de 75%) que le risque de faire un AVC suite à l’intervention (<3 par an).

Les autres complications possibles sont principalement un hématome du site chirurgical et une perte de sensibilité (le plus souvent transitoire) de la portion inférieure de la mâchoire du côté de l’intervention.

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